Rencontre femme erythrée

Mais en Suisse, il y a une loi, et il faut la respecter. Sinon, le peuple ne nous fait plus confiance. Par Florent Quiquerez Les Grottes Suite à des pressions, Pré en Bulle a hésité à annuler une fête destinée pourtant à valoriser la culture érythréenne. Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments.

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La médiation panafricaine a facilité la signature entre l'Ethiopie et l'Erythrée de cinq accords successifs, à savoir: Le règlement définitif du conflit, théoriquement scellé par l'Accord de cessation des hostilités signé à Alger le 12 décembre , est intervenu au bout de deux ans d'efforts diplomatiques, soit relativement rapidement comparé à la moyenne.

Cette médiation de l'OUA fut aussi l'occasion de jauger les poids respectifs des deux présidences en exercice successives - burkinabée puis algérienne, de l'Organe central du mécanisme, et du Secrétaire Général de l'Organisation, Salim Ahmed Salim. Quelles ont été les caractéristiques de la médiation de l'OUA dans le conflit entre l'Ethiopie et l'Erythrée?

A quelles contraintes l'Organisation a-t-elle dû faire face? Quelles ont été les limites de son action? Comment les deux parties ont-elles raisonné et se sont-elles comportées face à l'Organisation? Quelles leçons l'OUA pouvait-elle tirer de cette nouvelle expérience? Autant d'interrogations qui façonnent les termes de la problématique selon laquelle l'évolution du rapport de force militaire sur le terrain a dicté le déroulement du processus des négociations diplomatiques au cours duquel ont été signés plusieurs accords, dont l'apogée se trouve dans les deux accords d'Alger des 18 juin et 12 décembre Dès lors, notre propos a pour ambition d'exposer la structure de la médiation de l'OUA I , avant de tenter d'expliquer les stratégies utilisées par l'Ethiopie et l'Erythrée II , pour enfin être plus à même de saisir le déroulement de cette médiation en tant que telle III.

La structure de la médiation de l'OUA. Une approche théorique du mécanisme de médiation. Le mécanisme de la médiation consiste en l'intervention d'une tierce partie, acceptée par les protagonistes du conflit, pour les aider à régler leur différend par le biais de négociations dans le cadre des règlements non juridictionnels des conflits internationaux. Le médiateur remplit plusieurs fonctions: Par ses bons offices, il aide les parties à communiquer et à harmoniser leurs perceptions réciproques, tout en se faisant le messager de leurs propositions respectives. Il soumet des bases de négociation pour les discussions et intervient dans leur déroulement afin de favoriser un.

Il suggère des compromis et négocie avec chacun des adversaires pour les amener à modifier - autant que faire se peut - leurs positions respectives pour s'orienter dans le sens de l'obtention d'un accord. Le médiateur peut d'ailleurs accroître son influence en devenant garant des accords conclu entre les parties. Placé au centre des discussions, le médiateur passe ainsi de la facilitation passive à la formulation active dans le cadre de négociations qu'il suit et guide jusqu'à leur aboutissement.

Si necesse est, il montre sa capacité à recueillir des informations pertinentes, à user de son expertise, de son imagination, de son aptitude, de la persuasion, de la persévérance, de l'engagement et du doigté. Au-delà des qualités intrinsèques du médiateur, son rang et celui de ses interlocuteurs restent déterminants pour le déroulement et l'aboutissement du processus. Plus le médiateur dispose d'un rang élevé, plus il a d'influence sur les discussions, surtout en Afrique où le chef d'Etat occupe une place prépondérante1. L'acceptation du médiateur par les parties au conflit dépend de plusieurs facteurs, entre autres: En fait, l'OUA disposait de règles de procédure non codifiées relatives au règlement des conflits Les négociations doivent donc être conduites sous les auspices d'un médiateur se trouvant théoriquement à pied d'égalité avec les deux parties, soit de préférence un chef d'Etat.

Le président en exercice de l'OUA est le plus à même de mener les. Son intervention peut, pourtant, s'avérer inappropriée dès lors que, lui-même personnellement ou son pays, ont eu antérieurement des relations privilégiées avec les parties en conflit. Finalement, ce qui importe c'est que le conflit soit résolu dans le cadre de l'Organisation, et non pas nécessairement et formellement par l'Organisation. En réalité, cette technique de prise de décision est utilisée par tous les organes collégiaux de par le monde ;.

En cas de discussions dans d'autres cadres, l'OUA sera l'instrument régulateur des divergences d'opinions du continent, ce qui explique l'importance du groupe africain au sein des Nations Unies. Ces éléments ont servi, de manière sous-jacente, de cadre très général à la médiation de l'OUA dans le conflit entre l'Ethiopie et l'Erythrée.

Le fonctionnement de l'Organe central et la composition de l'équipe de l'OUA. L'Organe central fut convoqué une dizaine de fois pour débattre du conflit entre l'Ethiopie et l'Erythrée. Rappelons qu'aux termes de la Déclaration de la Conférence des Chefs d'État et de Gouvernement sur la création au sein de l'OUA d'un mécanisme pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits Le Caire, juin , l'Organe central était composé de la troïka le président sortant, le président en exercice et le président rentrant et des membres du bureau de la Conférence des Chefs d'État et de Gouvernement.

Il disposait d'instruments opérationnels pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits tels que le Secrétariat général, le Centre de gestion des conflits, le Système d'alerte précoce et le Fonds de la paix. Il fonctionnait au niveau des chefs d'État, des ministres et des ambassadeurs accrédités auprès de l'Organisation. Il pouvait être convoqué à la demande du Secrétaire Général ou de n'importe quel État membre.

Or, l'Organe central du mécanisme était à l'époque un instrument de gestion des conflits présentant de nombreuses faiblesses tant fonctionnelles que décisionnelles, parmi lesquelles:. En effet, ces rapports étaient rédigés de manière à ce qu'ils soient plus conformes aux attentes d'un pays donné et de son gouvernement et ne reflétaient pas forcément les faits réels des conflits.

Cette attitude avait pour impact négatif de détourner l'attention de l'Organe central des vrais problèmes concernant les causes des conflits ainsi que les rôles des différents acteurs dans leur genèse et dans leur évolution ;. C'est ainsi que l'absence régulière de ce dernier a contribué à l'annulation de nombreuses réunions alors que les conflits et les crises sur le continent apparaissaient quotidiennement et que leurs solutions ne pouvaient attendre que le quorum soit réalisé1.

En l'espèce, ces insuffisances furent compensées par le dynamisme des présidences burkinabée et algérienne ainsi que par l'implication active du Secrétaire général de l'OUA. Disposant d'une longue expérience à la tête de l'Organisation et d'une solide connaissance de la sous-région, Salim Ahmed Salim travaillait en étroite collaboration avec les chefs d'État et leur prodigua même des conseils pour rendre leur implication dans la médiation plus efficace.

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Mandatés par leurs pairs, les présidents Biaise Compaoré et Abdelaziz Bouteflika leur rendaient, en fait, directement compte des résultats obtenus. Il semble que l'Organe central n'ait, de toute façon, pas joué un rôle déterminant. Convoqué au niveau des ambassadeurs, il n'a guère pris de décisions importantes, se contentant d'avaliser les activités des chefs de l'État, de l'envoyé spécial et du Secrétaire général de l'OUA. Après l'examen des rapports de ces derniers, les membres de l'Organe central fournissaient des communiqués libellés avec des formules très générales telles que:.

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L'Organe central félicite la Délégation de haut niveau de l'OUA pour les efforts louables qu'elle a déployés pour promouvoir une solution pacifique et globale du différend. L'Organe central invite en outre les deux parties à continuer de faire montre de retenue1. Conférence des Chefs d'État et de Gouvernement relative au respect des frontières existant au moment de l'accession des États membres à l'indépendance nationale ;. Un lancement du processus par la présidence burkinabée et son renforcement par la crédibilité de la présidence algérienne.

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Détenteur de la présidence en exercice à partir des 68e et 34e sessions ordinaires respectivement du Conseil des ministres de l'OUA et de la Conférence des Chefs d'État et de Gouvernement tenues à Ouagadougou du 1er au 10 juin , soit quelques semaines après le déclenchement du conflit, le Burkina Faso mit en place et dirigea la Délégation de haut niveau des Chefs d'État et de Gouvernement de l'Organe central de l'OUA composée des représentants de Djibouti, du Zimbabwe, du Rwanda ainsi que du Secrétaire Général de l'OUA.

L'Algérie hérita de la présidence annuelle de l'OUA lors de la 35e session ordinaire de la Conférence des Chefs d'État et de Gouvernement qui s'est tenue à Alger du 10 au 12 juillet Le président algérien Bouteflika disposait de qualités essentielles à la réussite de sa médiation par l'OUA. L'investissement de la présidence algérienne peut s'expliquer par plusieurs facteurs.

Premièrement, son charisme de chef d'État impliqué à un haut niveau de responsabilité dans les affaires du continent depuis le début des années 60, lui a valu une crédibilité continentale et internationale. En effet, Abdelaziz Bouteflika était, en , le plus jeune ministre africain des Affaires étrangères, il exerça cette tâche jusqu'en , il présida en cette qualité la Vingt-neuvième Assemblée générale des Nations Unies en , aux plus glorieuses heures du tiers-mondisme, et le monde a retenu de lui l'image d'un militant, entre autres, particulièrement engagé sur l'apartheid. Deuxièmement, l'Algérie était dotée, à la différence de nombreux pays africains, d'une véritable tradition diplomatique et d'institutions fonctionnant de manière effective.

Comptant parmi les premiers contributeurs et les chefs de file de l'Organisation, l'Algérie se trouvait à même de supporter tant le coût financier que logistique de cette médiation, notamment par la mise à disposition du représentant personnel du président algérien en permanence d'un avion pour effectuer ses nombreux et inlassables allers-retours entre Alger, Addis-Abeba et Asmara ou encore par un investissement illimité en temps de la présidence- médiateur pour tenter de rapprocher les parties.

En réalité, ces deux présidences ont utilisé un mode de fonctionnement différent le Burkina Faso présidait un comité ad hoc tandis que l'Algérie agissait en solo et ont bénéficié de circonstances dissemblables la méconnaissance des rapports de force précis pendant la présidence burkinabée a cédé le pas à leur clarification durant la présidence algérienne en raison des évolutions sur le terrain. Ces deux éléments ont certainement contribué à accroître la crédibilité de la. Aussi est-il loisible de préciser que l'Algérie conserva le suivi du dossier jusqu'à la signature des Accords d'Alger du 12 décembre , la présidence togolaise devant théoriquement lui succéder en juillet ayant été écartée.

La crédibilité de l'Algérie et de son président, pour autant qu'elle ait eu la faculté de rassurer les protagonistes en conflit et la communauté internationale, ne pouvait guère masquer les contraintes auxquelles se trouvait confrontée l'OUA en tant que telle dans cette médiation. Des contraintes politiques et techniques à la médiation. Ces contraintes étaient à la fois liées à la perception de l'Organisation par les parties et à la nature particulière des relations entre les parties elles-mêmes.

Première contrainte, le gouvernement érythréen alléguait la partialité de l'OUA compte tenu de la présence de son siège à Addis-Abeba. Or, la neutralité conditionne l'acceptabilité de l'intercesseur par l'ensemble des parties. Dès qu'elle est altérée ou mise en doute, la coopération loyale et positive des parties avec le médiateur est perdue. De telles prises de positions sont d'ailleurs fréquentes dans tout processus de médiation. Les parties en font souvent usage comme stratégie, soit pour exercer des pressions psychologiques, soit pour poursuivre d'autres stratégies, comme celle qui vise à gagner du temps ou à rechercher des avantages compensatoires à d'autres niveaux, à d'autres moments du processus.

Elles ne doivent cependant jamais être négligées ni considérées comme superflues. L'attitude à leur égard doit être plus nuancée. Corriger la trajectoire s'il y a lieu, gagner la confiance de toutes les parties, mais ne jamais céder aux pressions et encore moins au chantage1. Deuxième contrainte, le problème de la confidentialité se posait en ce sens que le pays hôte de l'Organisation avait potentiellement un plus grand accès à l'information, à ceci près que, mutatis mutandis, toute information donnée à une organisation internationale entre généralement dans le domaine public.

Troisième contrainte, l'existence d'un contentieux entre l'Erythrée et l'OUA remontant au début des années 90, époque au cours de laquelle la première accusait la seconde de ne pas avoir reconnu VEritrean People Liberation Front EPLF comme un mouvement de libération lors de sa lutte contre le régime du colonel Mengistu Haïlé-Mariam. La quatrième contrainte tenait au fait que l'Organisation ne se trouvait guère face à un conflit interétatique stricto sensu, mais face à un conflit de personnalités entre les deux dirigeants - Mêles Zenawi et Issayas Afeworki -, ce qui limitait sa capacité d'intervention.

Les structures étatiques étaient, en réalité, secondaires par rapport à une histoire s'étant déroulée entre individus. Le mandat donné à l'Organisation intergouvernementale de facto d'une gestion de relations entre individus reste tout de même une particularité, même dans le cadre africain. Pour autant, l'OUA décida de traiter ce conflit comme un conflit frontalier interétatique. Munie de mécanismes et forte de ses expériences antérieures, l'OUA se trouvait face aux parties éthiopienne et érythréenne qui ont évidemment élaboré des stratégies pour tenter de maximiser leurs gains diplomatiques dans le cadre de la médiation.

Les stratégies éthiopienne et érythréenne face à l'OUA. Le jeu par l'Éthiopie de la carte de l'Organisation panafricaine. Ce choix s'explique par plusieurs facteurs. Tout d'abord, l'Ethiopie estimait que l'Organisation pouvait mieux comprendre la querelle en raison de sa proximité par rapport à la situation en raison de la présence de son siège dans la capitale éthiopienne et de sa connaissance de la mentalité locale. Il s'agissait, en fait, pour l'Ethiopie de s'accrocher à la décision de l'OUA parce qu'elle lui donnait l'impression d'être à la fois raisonnable et à son avantage.

De plus, l'Organisation continentale objectivité continentale vs subjectivité sous-régionale de l'IGAD , lui semblait plus à même de faire respecter les principes que les Nations Unies, et ce d'autant plus que l'attitude de la Société des Nations SDN lui avait été préjudiciable lors de l'invasion italienne. Enfin, l'Ethiopie savait pertinemment que les prises de position de l'Organisation panafricaine sur les conflits du continent sont généralement suivies par le Conseil de sécurité des Nations Unies à quelques exceptions près telles que l'affirmation par les pays africains lors du Sommet de Ouagadougou du non- respect de l'embargo et des sanctions imposées par le Conseil de sécurité contre la Libye.

Le choix d'une approche juridique du processus de paix. Les négociations diplomatiques menées par l'Ethiopie dans le cadre du conflit frontalier qui l'a opposée à l'Erythrée illustrent parfaitement le caractère légaliste de la politique étrangère éthiopienne. L'Ethiopie a effectivement donné une place centrale aux arguments juridiques dans le processus de médiation. Elle a constamment cherché à trouver des justifications morales et juridiques aux positions politiques qu'elle avait décidé d'adopter.

L'Ethiopie adopta une position récurrente basée sur des principes juridiques de l'OUA et des Nations Unies, même si in fine c'est la situation militaire sur le terrain qui a prévalu. D'ailleurs, l'attitude des autorités éthiopiennes dans les négociations, à savoir le choix d'une approche juridique et leur ténacité avérée dans le combat diplomatico-juridique, trouve son explication dans leur tradition dont la justice et la légalité font partie intégrante1, ce qui est parfaitement illustré par les propos suivants du Blatten-Geta2 Mahteme-Sellassié Wolde-Maskal:. L'Ethiopien a une grande sensibilité et un désir profond de la justice.

Tout comme un enfant qui prend le sang de ses parents, l'Ethiopien hérite de ses ancêtres le sens de la justice. Il réconcilie ceux qui se disputent, il. Lorsqu'il prononce un jugement, il le fait avec prudence et conscience afin de ne pas s'écarter de la vérité. La justice étant un bien sacré de Dieu, il ne déviera jamais de cette route, ni par crainte, ni pour faire plaisir à quelqu'un. Si nous examinons les proverbes et les fables nous y trouvons des exemples vivants d'équité.

Les parents démontrent aux enfants que la justice doit être comme une balance, en leur racontant des anecdotes, des fables, des proverbes. Si un jugement ne satisfait pas sa conscience, l'Éthiopien n'hésite pas à faire appel au tribunal supérieur. L'injustice rend l'Éthiopien très malheureux. Il éprouve un vif regret en perdant une somme insignifiante, ou une propriété sans grande valeur, si c'est le fait d'une sentence injuste.

La médiation de l'OUA dans le conflit entre l'Éthiopie et l'Érythrée (1998-2000)

Pour plus de clarté citons ce dicton: L'Éthiopien, qu'il soit instruit ou non, a un sens de la justice qui étonne l'observateur. La plupart des gens d'autres pays confient volontiers leurs affaires aux avocats, tandis qu'en Ethiopie, l'Éthiopien va lui-même plaider son cas au tribunal, d'une façon fort claire et habile1. Au demeurant, la possibilité incessante de réouvrir un cas litigieux constitue également une tradition coutumiere héritée du système judiciaire féodal éthiopien.

Les notions de prescription et d'irréversibilité des actes juridiques ne figurent pas dans le jus éthiopien de sorte qu'une querelle peut être réinvoquée ad vitam aetemam devant un tribunal. En octobre suivant, l'EEBC a annoncé le report sine die du début des travaux de démarcation. Une forte mobilisation des ressources tant administratives que militaires. Des diplomates, soigneusement sélectionnés, furent impliqués en nombre limité dans la gestion des négociations.

Les hommes clefs de cette équipe étaient le Premier ministre Mêles Zenawi, le ministre des Affaires étrangères Seyoum Mesfin, les ambassadeurs éthiopiens à Genève Fisseha Yilmer , à Washington Berhane Gebre-Christos , et des conseillers juridiques en particulier, Seifa Sellassié Lemma - département juridique - et Zewdineh Beyene - département des pays voisins - au ministère des Affaires étrangères. De facto, la compartimen-. Dès juin , Seyoum Mesfin eut même l'idée de créer au sein du ministère des Affaires étrangères quatre comités: De nombreux cadres de l'administration furent mobilisés en force d'appui et encadrés par des comités représentatifs dans d'autres ministères.

Cela participait également de la compar- timentation des informations nécessaires à la gestion des affaires de manière secrète eu égard à leur extrême sensibilité. Il s'agissait, pour lui, en quelque sorte de lisser les différences avec l'élite amhara en s'offrant les services de cabinets d'avocats américains. La mobilisation des ressources humaines et financières fut organisée dans l'urgence. Le rassemblement des finances fut effectué par le biais des ambassades de la République fédérale et démocratique d'Ethiopie FDRE à travers le monde, les entreprises du parti stricto sensu telles que Effort ou celles contrôlées par l'État comme Ethiopian Airlines.

Une parfaite instrumentalisation du facteur temporel. Initialement constituée par une politique de réaction face à l'invasion éry- thréenne, la gestion éthiopienne de ce conflit s'est peu à peu mue en une politique d'action pour obtenir des gains militaires transformables par la suite en gains diplomatiques. Or le paradoxe tient à ce que l'Ethiopie, inéluctable vainqueur sur le plan militaire et donc en position de force dans les négociations diplomatiques, a in fine perdu la bataille juridique. Les dirigeants éthiopiens ont appris à leur dépens que l'on ne menait pas un combat parce qu'on avait le sentiment de défendre une cause juste mais parce qu'on était le plus fort tant sur le plan militaire que sur le plan politico-diplomatique.

Grosso modo, les objectifs militaires à atteindre furent clairement dictés par. Les preuves du contrôle du militaire par le politique sont apparues de manière constante dans la gestion éthiopienne du conflit. Premièrement, en ce qui concerne les buts de la guerre, la reconquête de Badmé en février constituait un enjeu à la fois purement politique elle n'apporta ni conquête de territoire ni destruction de l'ennemi et symbolique administration considérée comme traditionnellement éthiopienne et importance des pertes humaines concédées - probablement entre 70 et 80 morts côté éthiopien , sans signification stratégique il s'agit d'un hameau de quelques milliers d'habitants sans intérêt particulier, sec et poussiéreux.

Deuxièmement, en ce qui concerne les objectifs définis par le politique, la possibilité proposée par les militaires éthiopiens, en particulier le chef d'état-major de l'armée éthiopienne de l'époque, le général Tsadkan Gebre Tensaye, de bombarder Asmara constituait un objectif purement militaire qui avait pour but de montrer que l'armée éthiopienne avait la capacité de frapper très loin à l'intérieur du territoire érythréen.

Des césures sont apparues au sein des instances du TPLF, notamment sur la prise d'Assab ainsi que sur l'acceptation et l'application de la décision de la Commission frontalière. En réalité, l'Ethiopie sut instrumentaliser de manière remarquable le facteur temps. Elle a, en particulier, opéré un ralentissement des négociations diplomatiques afin de gagner du temps sur le plan militaire pour être en mesure à la fois de reconstituer à la hâte son armée démobilisée et d'élaborer une stratégie militaire adaptée aux réalités du conflit.

En effet, en , le nouveau régime éthiopien avait emprisonné une bonne partie des militaires du régime déchu du Derg et la Banque mondiale avait exigé la réduction du budget militaire ainsi que la démobilisation tant volontaire qu'involontaire de l'armée éthiopienne. Pour remobiliser dans l'urgence, les chefs de l'armée éthiopienne ont adopté un système de conscription de type féodal, Yholost en vieux français, Yost signifie l'armée , et ont procédé par vagues de recrutement de 10 hommes auxquels ils donnaient une formation militaire élémentaire.

Le gouvernement éthiopien donnait d'ailleurs à chaque kebele le nombre de soldats à fournir. La dernière vague de recrutement eut lieu peu de temps avant la célèbre offensive de mai Ils bénéficièrent immédiatement d'avantages comme le paiement des arriérés de solde accumulés pendant leurs années d'emprisonnement. En fait, ce maniement du facteur temporel, typique de la doctrine politico- militaire communiste, s'est également retrouvé dans les négociations: Ce que l'on a déjà pris, on.

Des réajustements constants de stratégie. Initialement prise de cours en raison de la surprise, du caractère inimaginable de l'attaque érythréenne compte tenu des liens privilégiés unissant Mêles Zenawi et Issayas Afeworki, et de la forte démobilisation de l'armée en , l'Ethiopie a élaboré, adapté et affiné sa stratégie diplomatique au fur et à mesure des renversements de la situation qu'elle a effectués sur le plan militaire.

C'est ainsi par exemple qu'après la première victoire de Badmé en février , Mêles Zenawi réclamait de manière constante et inflexible le retrait des territoires érythréens ou encore qu'après l'offensive finale de mai Seyoum Mesfin déclara: Il y a, désormais, certaines clauses qui ne sont plus pertinentes. Prenons, par exemple, l'exigence de vérification du retrait des forces: L'Ethiopie paraissait se montrer assez bon négociateur, assez ferme dans ses positions pour arriver aux objectifs qu'elle s'était assignés, assez bonne dans l'évaluation des rapports de force.

La stratégie érythréenne: Au cours des négociations, l'Erythrée avait une stratégie diplomatique plutôt incompréhensible, voire paraissait en manquer en ce sens que les dirigeants érythréens n'ont jamais accepté les choses au moment où elles étaient acceptables par exemple le caractère a priori plutôt équilibré de l'Accord- cadre , et se sont montrés prêts à les accepter alors qu'il était trop tard après leur défaite totale sur le plan militaire en mai Ils ont souvent fait preuve d'intransigeance, ce qui leur a valu de perdre, peu à peu, le capital de sympathie internationale dont ils disposaient depuis leur indépendance de jure en , après trois décennies de lutte acharnée, laquelle leur avait donné la réputation de guerriers bien organisés et redoutables.

C'est ainsi que l'un des seuls principes sur lequel les dirigeants érythréens se soient fondés était celui du respect des frontières coloniales ; or, ces dernières ne pouvaient constituer une base de discussion. Dès le départ, l'Erythrée reprocha à la Délégation de haut niveau de l'OUA de ne pas demander à l'Ethiopie autant de concessions qu'elle en demandait à l'Erythrée. Au demeurant, certains diplomates érythréens confièrent en coulisse, après l'obtention de la décision de la Commission frontalière, que la tactique diplomatique érythréenne était en vérité la suivante: Elle croyait fermement qu'elle avait la possibilité de remporter la victoire sur le plan juridique.

Même dans l'hypothèse de perte d'une guerre, il s'agissait pour les dirigeants érythréens du seul moyen à leur disposition pour arriver à convaincre, notamment les autres pays africains, de modifier la frontière là où cela s'avérait nécessaire pour une paix durable entre les deux pays. Asmara estimait qu'il s'agissait de diminuer les réticences du continent par rapport aux modifications frontalières pour parvenir à faire tracer la frontière entre l'Erythrée et l'Ethiopie.

C'est pourquoi l'Erythrée se serait contentée d'attendre sagement le verdict de la Commission des frontières parce qu'elle connaissait le résultat d'avance. L'une plutôt favorable à l'OUA Ethiopie et l'autre a priori plutôt contre Erythrée , les deux parties ont joué leurs cartes respectives tout au long de la médiation. À l'évidence, lorsqu'une partie prend des avantages sur le plan militaire, elle fait traîner les négociations politico-diplomatiques en longueur par tous les moyens possibles. Par contre, lorsqu'une partie se trouve en position de faiblesse sur le terrain, elle a intérêt à faire aboutir le plus rapidement possible les négociations car si elle continue dans ce sens, elle risque de perdre encore plus sur le plan militaire.

Si au cours des négociations, l'avantage change de camp, alors les négociateurs changent de tactique. Celui qui faisait traîner les discussions car il disposait d'une position avantageuse veut soudainement. C'est ce que le déroulement de la médiation de l'OUA a, de manière éclatante, démontré. Le déroulement de la médiation de l'OUA. Les premiers pas de sa délégation de haut niveau et ses conclusions sur l'administration de Badmé. L'Ethiopie accepta immédiatement ces recommandations tandis que l'Erythrée les rejeta en bloc, estimant qu'elles favorisaient la partie éthiopienne.

À partir de mi-juin, le relais fut officiellement passé par l'équipe de facilitation à l'OUA, les États-Unis se retranchant derrière l'Organisation panafricaine qu'ils allaient continuer à largement guider. Les facilitateurs soumirent aux deux parties des propositions en vue de réduire leurs divergences. L'Ethiopie réitéra son acceptation des propositions des facilitateurs réclamant, entre autres, le redéploiement des forces érythréennes de Badmé sur les positions antérieures au 6 mai ainsi que la demilitarisation, la délimitation et la démarcation de la frontière commune.

Un Comité des ambassadeurs de l'Organe central fut mis en place en application des décisions de la Délégation de haut niveau de l'OUA. Basé sur les directives de ladite délégation, son mandat consistait à: Dans une communication en date du 25 juin, le ministre des Affaires étrangères érythréen émit des réserves au point b du mandat relatif à l'administration de Badmé avant le 12 mai dont les termes étaient les suivants: Il importe de garder à l'esprit que Badmé est l'une des nombreuses villes erythreennes contestées par l'Ethiopie, quoique, à ce jour, nous ne connaissions pas la totalité des revendications de l'Ethiopie autres que celles qui peuvent être déduites de la carte de la région administrative du Tigray qui recoupe de larges portions du territoire érythréen.

Par exemple, il serait également judicieux pour le Comité de recueillir des informations en vue de déterminer l'autorité qui administrait Adi Murug avant juillet Si l'OUA devait enquêter sur l'une sans le faire sur l'autre, elle préjugerait ; ce serait inacceptable. En outre, l'administration en elle-même n'a aucun sens si le processus par lequel cette administration a été installée est illégal. Ce qui revêt une importance cruciale, c'est l'emplacement de Badmé, d'Adi Murug et d'autres zones à l'intérieur des frontières reconnues.

Prenant note de ces réserves, le Comité a pourtant estimé qu'il n'avait pas à négocier son mandat avec l'une ou l'autre des parties. Le Comité des ambassadeurs l effectua une mission dans les deux capitales, Asmara et Addis-Abeba, du 30 juin au 9 juillet et proposa au comité ministériel un ensemble de recommandations sur le fondement des conclusions de sa mission. Il fit le point sur les divergences qui existaient alors entre les deux parties concernant tant l'origine et l'évolution du différend que les questions qui devaient être examinées pour résoudre la crise:.

D'après elle, il s'agissait d'un différend frontalier qui pouvait être réglé par des moyens techniques et juridiques démarcation et, en cas de différend, arbitrage. Elle estimait que toutes les. Pour elle, la facilitation américano-rwandaise n'avait plus lieu d'être et l'initiative de l'OUA devait désormais servir de cadre aux efforts visant à trouver une solution pacifique au différend. En résumé, l'Erythrée donnait priorité à la question frontalière ;. Dans son rapport, le Comité tira la conclusion selon laquelle la ville de Badmé et ses environs étaient administrés par les autorités éthiopiennes avant le 12 mai En effet, le gouvernement érythréen estimait que l'OUA préjugeait du différend en enquêtant pour établir l'autorité administrant Badmé sans en faire autant pour d'autres zones telles que Adi-Murug avant juillet.

Ce qui revêtait une importance capitale, c'était d'établir où se situaient, à l'intérieur des frontières reconnues, Badmé, Adi-Murug et d'autres zones. Le Comité précisa comprendre le point de vue de l'Erythrée sur l'origine du conflit et prit note de ses préoccupations relatives à des incidents qui seraient survenus en d'autres points de la frontière commune en juillet Le Comité n'en restait pas moins d'avis que ce qui s'est passé à Badmé entre le 6 et le 12 mai. L'Accord-cadre produit lors de la réunion de Ouagadougou et les demandes d'éclaircissement afférentes.

Dans sa déclaration à l'issue de sa réunion à Ouagadougou les 7 et 8 novembre , la délégation de haut niveau de l'OUA a rappelé que la partie éthiopienne demandait le retrait préalable des forces erythreennes de la ville de Badmé et de ses environs et le retour au statu quo ante tandis que la partie érythréenne proposait la démilitarisation de la frontière commune à travers le retrait simultané des forces des deux parties. La délégation proposa les termes d'un accord global de paix dont les détails furent soumis dans un document joint.


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Elle suggéra une solution globale articulée autour du redéploiement des forces alors présentes dans la ville de Badmé et ses environs aux positions d'avant le 6 mai qui serait supervisé par un groupe d'observateurs et suivi de la démilitarisation de la totalité de la frontière commune. Les propositions de l'Accord-cadre, établies en onze points, prévoyaient notamment:.

Ce redéploiement devait être étendu par la suite à toutes les autres zones contestées, dans le cadre de la démilitarisation de l'ensemble de la frontière commune commencement par le segment de Mereb Setit, extension à la zone de Bada, enfin réalisation de cette démilitarisation sur l'ensemble de la frontière art. Ce comité, supposé commencer ses travaux dès la signature de l'Accord-cadre, devait être placé. Ces propositions furent soumises aux deux parties par le président en exercice, au nom de la Délégation de haut niveau de l'OUA, le 7 novembre Elle ne put néanmoins rencontrer séparément les deux parties ce jour-là, et ce en raison des réserves exprimées au président en exercice par le président érythréen concernant la présence de Djibouti à la réunion.

Pourtant, après consultation du président en exercice et du président zimbabwéen, la Délégation de haut niveau de l'OUA rencontra séparément les deux parties le lendemain. En dépit de son mécontentement, le président Gouled ne fit aucune remarque officielle sur ces événements à Ouagadougou, laissant ce soin aux autres membres de la délégation de haut niveau.

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Le gouvernement érythréen refusait toute autre discussion avec le panel de médiation de l'OUA aussi longtemps que Djibouti en serait membre. L'OUA mit par conséquent en place une autre équipe composée de fonctionnaires de son siège d'Addis- Abeba tels que Said Djinnit Secrétaire général adjoint en charge des Affaires politiques , Sam Ibock directeur du département paix et sécurité et Wane El- Ghassim adjoint au directeur du Centre de gestion et de règlement des conflits.

C'est cette équipe, dirigée par Salim Ahmed Salim lui-même, qui continua les pourparlers avec le gouvernement érythréen. Par ailleurs, le président décida de rompre ses relations diplomatiques avec Asmara courant novembre , à la suite des incidents survenus à Ouagadougou1. Le Premier ministre Mêles demanda des éclaircissements concernant plusieurs points:. Le président érythréen, quant à lui, réitéra que, selon lui, le conflit était un différend frontalier devant être réglé par le respect scrupuleux des frontières. Suite à ces rencontres séparées avec les dirigeants éthiopiens et érythréens, la Délégation de haut niveau de l'OUA procéda à une évaluation des résultats.

Elle estima qu'une étape importante avait été franchie avec la soumission des propositions aux deux parties, auxquelles il revenait de réagir. Elle décida de poursuivre ses efforts jusqu'à la tenue du Sommet de l'Organe central. En fait, l'Ethiopie accepta l' Accord-cadre dès le 12 novembre tandis que l'Erythrée ne le fit que le 27 février , après le lancement d'offensives par l'Ethiopie sur trois fronts le 6 Badmé et Mereb-Setit et le 8 Tsorona du même mois qui aboutirent à la première victoire militaire de l'Ethiopie à Badmé.

La victoire éthiopienne de Badmé en février permit indéniablement de changer la perception du mythe d'invincibilité de l'armée érythréenne et commença à faire baisser le moral de ses troupes. Elle donna l'occasion à l'Ethiopie de montrer qu'elle disposait d'une force militaire qui devait désormais être prise au sérieux, qu'elle avait son mot à dire dans la politique sous-régionale, et qu'elle venait d'apporter la preuve qu'elle constituait un interlocuteur crédible de sorte que la communauté internationale devait l'écouter. Il résulta des pourparlers la rédaction par l'OUA des Modalités d'application de l'Accord-cadre, lequel comprenait sept points où les parties réaffirmaient leur acceptation de l'Accord-cadre, déclaraient effectuer elles-mêmes le redéploiement de leurs forces art.

Les deux parties acceptèrent officiellement l'Accord- cadre ainsi que les Modalités à l'occasion du 35e Sommet de l'OUA tenu à Alger juillet Dès lors, le Président Bouteflika nomma son envoyé personnel M. Ahmed Ouyahia ancien Premier ministre, ministre d'État chargé de la Justice à cette époque. Une délégation de l'OUA, conduite par l'envoyé spécial algérien, effectua une visite en Ethiopie et en Erythrée du 22 au 25 juillet au cours de laquelle il eut des entretiens avec les dirigeants des deux pays en conflit.

A cette occasion, M. L'Ethiopie allégua qu'elle ne pourrait signer ces documents qu'après finalisation, par l'organisation panafricaine, des derniers détails relatifs à leur application. L'Erythrée, quant à elle, exprima le souhait de signer immédiatement l'Accord-cadre et les Modalités et accepta la proposition d'élaborer les détails techniques avant la signature desdits documents. En août , un groupe d'experts regroupant l'Algérie, l'OUA, les Nations Unies et les États-Unis se réunirent à l'initiative du président Bouteflika pour mettre en forme ces Arrangements techniques.

Ce texte était beaucoup plus long et détaillé que les deux précédents. Il était composé d'un préambule, de 17 articles et de 4 annexes. Le préambule et l'article premier réaffirmaient l'engagement des deux États en faveur de l'Accord-cadre et des Modalités. Il posait le principe du recours à une opération de maintien de la paix art.

L'annexe I portait sur le déminage, l'annexe II sur le plan de redéploiement des troupes, l'annexe III sur la démilitarisation des zones et l'annexe IV comportait un calendrier des opérations. Ces propositions furent soumises aux deux parties lors du deuxième déplacement de l'envoyé spécial algérien à Asmara et à Addis-Abeba du 5 au 1 1 août Alors que l'Erythrée les accepta immédiatement, l'Ethiopie demanda des éclaircissements sur certaines dispositions au motif que leur contenu était différent de celui de l'Accord-cadre et des Modalités.

Mi-août, l'équipe de l'OUA tint une réunion à Alger, avec la participation d'experts américains et des Nations Unies, pour examiner la demande éthiopienne. En bref,. Ces clarifications furent officiellement transmises à l'Ethiopie par le Représentant spécial algérien à l'occasion de son troisième déplacement dans les deux capitales du 22 au 26 août , et communiquées à l'Erythrée.

L'Ethiopie montra encore des réticences tandis que l'Erythrée réaffirma son acceptation du package. Les Erythréens furent donc les premiers à accepter les Arrangements techniques, le 7 août, tandis que l'Ethiopie fit encore durer le jeu en demandant des clarifications techniques qui lui furent fournies par l'OUA le 23 août. Estimant que ces éclaircissements n'étaient pas satisfaisants, l'Ethiopie demanda des éclaircissements complémentaires lors de la quatrième visite de M. Ouyahia dans les deux capitales du 24 au 30 octobre Au cours de discussions approfondies, l'envoyé personnel algérien demanda à l'Ethiopie de soumettre par écrit son avis sur les Arrangements techniques afin que l'OUA puisse les examiner de manière globale.

Le 6 décembre , l'Ethiopie rejeta officiellement les Arrangements techniques. Il s'agissait pour l'Ethiopie de gagner du temps au niveau diplomatique pour pouvoir consolider de manière définitive ses avantages sur le plan militaire. Des pourparlers indirects et des victoires militaires décisives pour des Arrangements techniques consolidés. Le représentant spécial algérien se rendit dans les deux capitales pour la cinquième fois du 24 février au 4 mars L'Ethiopie lui declarators accepter le contenu du Document non officiel. Les questions à résoudre, fortement chargées émotionnellement pour les deux parties, étaient traitées dans un contexte de guerre.

À cela s'ajoute que les multiples mésententes et divergences de vue rendaient les deux parties d'autant plus réticentes à engager des discussions directes au cours desquelles elles feraient des offres sans être sûres de gagner quelque chose en retour. L'intervention d'une tierce partie s'est avérée être la seule option pour sortir de l'impasse et continuer la négociation.

S'exprimant face à un tiers l'OUA , les deux parties se sont exprimées avec plus de candeur et d'ouverture. Les pourparlers indirects se sont effectivement déroulés à Alger du 29 avril au 5 mai Pour autant, les discussions de fond ne purent être abordées dans la mesure où l'Erythrée demanda au préalable la signature de l'Accord-cadre, des Modalités et du Cessez-le-feu, alors que l'Ethiopie maintenait sa position de juillet selon laquelle ladite signature ne pourrait être apposée qu'après la finalisation des Arrangements techniques.